Petites méditations

En chemin avec le prophète Jérémie

Au cours des liturgies eucharistiques de cette semaine, nous poursuivons ensemble la lecture du livre du prophète Jérémie. Celui-ci a exercé son ministère en Israël entre le 7e et le 6e siècle avant Jésus Christ (626 et 587 av. J.-C.). Avec lui, nous sommes appelés à un travail de discernement.

Prendre Dieu au sérieux

Hier, il nous avait invité à prendre Dieu au sérieux. Il nous avait mis en garde contre toute tentation de parler en son nom, sans avoir été mandaté. Sans doute, nous pourrions être tentés, selon le cas, d’annoncer une parole de Dieu plus joyeuse ou plus sévère au nom de Dieu. Combien croient-t-ils aujourd’hui que la Parole de Dieu est dépassée ! Combien d’autres ne souhaitent-t-ils pas la substituer par un parole plus moderne ? plus contemporaine ? plus sympathique ? plus humaine? plus à notre portée, à notre image et à notre ressemblance?

Le souci d’une fausse charité

Il convient, toutefois, que nous en prenions garde. Il ne faudra pas nous égarer par le souci d’une fausse charité et le choix de la complaisance. Méfions-nous de vouloir une parole de Dieu qui n’en sera pas une. La parole de Dieu peut-elle être authentique, si elle ne dénonce pas le mal et le péché. Est-ce bien la parole de Dieu, si elle n’invite pas à une conversion radicale dans nos manières de vivre et d’agir? Jérémie en avait la certitude. Toute parole prononcée au nom de Dieu doit conduire à prise de conscience du mal commis. Elle se veut un acte de libération. Elle doit conduire à la liberté véritable. Une parole salvatrice.

Une parole qui guérit et sauve

Dans la première lecture du jour, Jérémie prend le contre-pied de toute attitude laxiste et irréaliste. Au contraire, il annonce au nom de Dieu punitions et châtiments. Ceux qui s’abîment par leurs mauvais choix de vie seront punis. De ce fait, pour Jérémie, l’action punitive de Dieu est nécessaire et incontournable. elle est curative et porteuse d’un renouvellement intérieur.

Appel à la conversion

Pour le prophète Jérémie, la foi en Dieu doit s’accompagner d’actes conformes à ce qui est droit, pur et juste. En effet, elle place le croyant sur un chemin d’une conversion constante et radicale. Elle devient alors l’assurance que Dieu ne s’enferme et ne s’enfermera jamais dans la plainte et la punition. Au contraire, il est surtout prompt à pardonner et à faire miséricorde. Il se révèle toujours à l’oeuvre. Il purifie et sanctifie. Il réconcilie ses enfants avec lui et entre eux. Son amour les sauves et les recrée, pour sa plus grande gloire !

La foi et le visage de Dieu

Cela compris, la foi nous fait-elle rencontrer ces deux aspects du visage de Dieu? Avons-nous reconnu la présence de Dieu ? Acceptons-nous d’écouter sa voix prévenante contre le péché qui conduit à la mort? Accueillons-nous adéquatement son visage révélé dans son amour sauveur, à travers son action constante source de pardon et de salut pour le pécheur repenti?

Choisir aujourd’hui

Et maintenant, quel sera ton choix aujourd’hui ? Choisiras-tu d’écouter un dieu forgé à ton image et à ta ressemblance ? Ou bien, choisiras-tu d’écouter sa voix ? Sauras-tu obéir à la parole d’un Dieu vrai, juste et saint? Recevras-tu son invitation à la conversion et à la communion avec lui. à sa voix, fuiras-tu et combattras-tu le péché, sous toutes ses formes ?

Puisse Saint Jean-Marie Vianney intercéder pour nous, et tout particulier pour les prêtres dont il est le saint patron.

Père Georgino RAMEAU, spsj

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